Au-delà des apparences…

Souvent interrogée par les étrangers sur la position de la femme dans la société polonaise, je m’empresse d’expliquer qu’elle est exemplaire, à grands renforts de nombreux exemples montrant que la femme polonaise a très tôt pris une position forte dans la vie économique et de la chose publique, avec pour point de départ officiel l’acquisition du droit de vote en 1918.

Et de continuer en racontant les parcours de femmes aussi brillantes qu’Irena Kosmowska qui fut nommée dès 1918 vice-ministre à l’assistance sociale, Zofia Kuratowska, vice-maréchale du Sénat en 1989, Henryka Bochniarz, secrétaire d’Etat à l’industrie et au commerce en 1991, présidente de la fédération des employeurs Lewiatan depuis 1999, Alicja Grzeskowiak nommée vice-maréchale de la Diète la même année, sans parler d’Hanna Suchocka première femme Premier ministre de Pologne en 1992 et – comble – nommée “Homme de l’année” par l’hebdomadaire Wprost l’année suivante ; ou encore Hanna Gronkiewicz-Waltz qui fut nommée par la Diète présidente de la Banque nationale (NBP) et qui après avoir occupé d’autres fonctions prestigieuses, est aujourd’hui maire de la ville de Varsovie, réélue dès le premier tour des élections locales en novembre dernier.
Et dans la vie économique, les exemples de femmes chef d’entreprises – petites ou grandes – ou membre de comités de direction ne manquent pas non plus.

Aux plus sceptiques, je cite encore le taux de représentation des femmes parmi les députés polonais – 20,43% – alors que la France bat actuellement son record avec 18,5% grâce à une loi dite sur la “parité” mais qu’avant cela les femmes à l’Assemblée nationale n’avaient jamais occupé plus de 10% des sièges.
Enfin regardant autour de nous, on voit des battantes polyvalentes : mères attentionnées (la fameuse matka polka), épouses à l’égal de leur mari – par voie légale depuis 1929 – et femmes actives dans l’entreprise – toujours respectée et aux mérites salués.

Et pourtant des mouvements féministes – Polskie Stowarzyszenie Feministyczne, Grupa Kobiet, Forum Kobiet, Partia Kobiet, Kongres Kobiet,… – ont toujours existé en Pologne – plus ou moins importants et plus ou moins représentatifs. “Des féministes ? Mais pourquoi faire ?”, me demande-t-on alors ? “Si la place de la femme est à ce point reconnue, nul besoin de se battre ?”
C’est que derrière ses allures de bon élève en matière de conditions de la femme, la Pologne pourrait encore faire mieux. Les femmes sont encore – d’après le Congrès des Femmes, trop peu nombreuses à siéger à la Diète – et d’après le  GUS (Office national des statistiques), à poste et diplôme égaux, les femmes gagnent en moyenne 23% de moins que leurs homologues masculins (données 2008).
Mais élève assidu, la Pologne s’applique.

À quelques jours de la Journée internationale de la femme (le 8 mars), ô combien célébrée en Pologne, la loi dites “des quotas”, garantissant 35% des postes sur les listes électorales entrée en vigueur le 3 mars dernier, rend hommage aux femmes Polonaises… si cela était encore nécessaire.

À noter la conférence intitulée “l’émancipation de la femme, une siècle après Marie Sklodowska-Curie”, co-organisée par l’Institut Français de Varsovie les 19 et 20 mai prochains.

This entry was posted in Réflexions, Uncategorized and tagged , , , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *