L’onde de choc japonaise touchera-t-elle la Pologne ?

Un tremblement de terre, un tsunami et une catastrophe atomique, non achevée – et au moment où j’écris ces lignes, 2 semaines, après le tremblement de terre le plus dévastateur de l’histoire du Japon depuis celui de 1923, non encore maîtrisée…

Deux catastrophes naturelles et un désastre énergétique et écologique, c’est ce que vit le Japon sous le regard de la communauté internationale effarée depuis le 11 mars dernier.

 

Si on a pu craindre que le nuage atomique ne vienne nous iradier jusqu’en Europe, on ne mesure sans doute pas encore à quel point ces évènements – strictement locaux de prime abord – auront des répercussions sur la Pologne. C’est ça la globalisation : aucun évènement n’est plus tout à fait neutre. Et ironnie du sort, la Pologne qui s’était tant réjouie d’être une île verte au milieu d’une Europe sinitrée par la crise économique de 2009, pourrait se voir touchée par les catastrophes que le pays des cerisiers en fleurs, comme l’appellent nos amis Polonais, vit de l’autre côté du globe.

 

Discrets en général, les Japonais le sont tout autant en Pologne. D’aucuns seront sans doute étonnés de savoir que plus de 240 entreprises nippones sont installées dans notre pays, dont quelque 70 d’entre elles sont des sociétés de production – comprenez de gros investisseurs et de gros employeurs. Particulièrement présents dans le secteur automobile – l’usine de moteurs Toyota à Walbrzych en Silésie emploie 255 personnes, l’usine de pneus Bridgestone dans le voïvodie de Poméranie occidentale emploie 760 personnes) ou électronique (l’usine d’écrans LCD Sharp à Łysomice en Couïavie-Pomérabie emploie 3 000 personnes, tandis que celle de Toshiba à Kobierzyce en Basse-Silésie a créé un millier d’emplois), les établissements sont répartis sur l’ensemble du territoire et touchent en réalité à tous les domaines.

 

On parle déjà des perturbations possibles dans les usines d’assemblage qui pourraient manquer de pièces produites au Japon et se retrouver au chômage technique. Mais certains analistes vont plus loin en annonçant que les évènements qui affectent le Japon ne seront pas sans conséquences économiques directes sur la Pologne – sans être toutefois capables de les chiffrer pour le moment. D’après eux les entreprises nippones pourraient chercher à soutenir leur pays d’origine au risque de limiter leurs investissements à l’étranger et en rapatriant leur bénéfices au pays.

Le secteur touristique se verra sans doute lui-même affecté par la situation. 50 000 Japonais étaient venus l’année dernière du pays du soleil levant pour visiter la Pologne. Un record, cohérent avec la progression connue depuis 2000 où ils étaient 2 fois moins nombreux à faire le voyage.

La médiatisation d’évènements tragiques donnant toujours lieu à des amalgames malheureux et souvent irrationnels, de là à ce que les Varsoviens désertent les quelque 50 restaurants de sushis de la capitale… de peur d’une contamination des poissons par les eaux de la centrale de Fukushima, il n’y a qu’un pas.

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