France Culture consacre 2 documentaires à la Pologne ces 4 et 5 juillet

A l’occasion de la présidence de l’Union Européenne par la Pologne depuis le 1er juillet et jusqu’à la fin de l’année, l’émission « Sur les docks » de France Culture propose 2 documentaires de 55 minutes chacun, réalisé par  Dominique Prusak et François Teste :

- lundi 4 juillet à 17h – Pologne : l’ascension des battantes. Disponible sur le site de France Culture : http://www.franceculture.com/emission-sur-les-docks-pologne-l%E2%80%99ascension-des-battantes-2011-07-04.html

- mardi 5 juillet à 17h –  Varsovie : la culture en mouvement. Disponible sur : http://www.franceculture.com/emission-sur-les-docks-varsovie-la-culture-en-mouvement-2011-07-05.html

Voir aussi les articles de presse du magazine Télérama annonçant les documentaires :  Revue de presse/ Telerama, sem. 2-8 juillet 2011

Voici les présentations de France Culture :

Pologne : l’ascension des battantes

“Le poète a toujours raison. Je déclare avec Aragon, la femme est l’avenir de l’homme”, chantait Jean Ferrat. En Pologne, cette hommage à la femme pourrait se traduire par la maxime connue de tous : “ici, l’homme est la tête et la femme le cou” ; une formule pleine de sous-entendus et soumise à interprétation suivant que l’on se situe du côté d’Adam ou d’Eve. En trois mots, qui manipule qui ? Dans la Pologne de 2011 où la croissance économique  joue sa fière avec 4% de PIB cette année et 41% d’augmentation des bénéfices bancaires l’année dernière, la nouvelle Eve roule en 4×4 avec talons aiguilles, jupe courte et lunettes noires. Glamour et efficace. Madame décoiffe ! Et affiche ses signes extérieurs de richesse. De quoi déstabiliser l’Adam un peu enrobé qui fait de la résistance sur son trône de PDG en pensant jusqu’à présent son siège garanti à vie. Car le jardin d’Eden a changé de massifs et de prétendants  avec le système libéral voire ultra libéral. Depuis la chute du communisme il y a 22 ans, les femmes ont acquis des responsabilités nouvelles tout en apportant énergie et éthique à des postes clefs de la vie économique. Fini les ouvrières médaillées de l’époque communiste ! Les maires des 2 premières villes de Pologne (Varsovie et Lodz) sont des femmes et 36 % des chefs d’entreprise du pays également. Les hommes rient jaune et  guettent la « faille ». Ca tombe bien pour eux ! Car les nouvelles conquérantes n’en demeurent pas moins profondément maman. Aussi laissent elles le terrain libre un moment, lorsqu’elles tombent enceintes, aux cravatés chahutés. Et pour plus longtemps qu’en France. En terres polonaises et catholiques, la tradition culturelle de vivre la maternité retient la femme à la maison environ un an, un peu comme en Allemagne. Un constat accentué à la campagne où la fameuse “matka polka” – l’historique mère polonaise qui sacrifie tout pour ses enfants avec un mari parti à la guerre – n’a pas vraiment quitté les consciences. Par contre, aujourd’hui et principalement en ville, il faut aussi travailler pour boucler les fins de mois. Tout coûte toujours plus cher. La liberté et la société de marché, ça se paye ! Et comme souvent, au détriment des femmes. En Pologne, leur salaire est de 25 % inférieur à celui des hommes, rejoignant ainsi la moyenne de l’Union Européenne. Ainsi, au moment ou le pays accède à la présidence des 27 membres pour six mois, la Eve polonaise ne balade plus son arrière train ludique sur les remparts de Varsovie (pour parodier la chanson) mais plutôt son rutilant “iPhone”. De quoi faire avaler tout cru le “liptop” de l’Adam polonais encore devant… mais plus forcément pour longtemps !

Rencontres avec des battantes polonaises.

 

Varsovie : la culture en mouvement

Quant on arrive aujourd’hui à Varsovie, ce sont les immenses rideaux publicitaires déroulés sur les façades qui vous accueillent. La dictature des marques et des slogans a remplacé celle des bâtiments uniformes et gris de l’ère socialiste. Depuis 22 ans maintenant et la chute du communisme, l’ultra libéralisme a transformé l’environnement urbain jusqu’à parfois défigurer l’architecture initiale. Les magasins ont pris des couleurs et les immenses centres commerciaux enserrent le coeur de la ville. Et à Varsovie comme partout en Pologne, pas de complexe. Caddie et hostie, même combat ! Les hypers sont comme les églises, ouverts le dimanche. Pour un peu, on se croirait dans une petite Amérique ! Avec comme bonus, un vent de liberté nouveau et des ilots d’expression, de création et d’échanges qui ont investi la cité. Pas de la même manière à Varsovie que l’on se trouve à l’Ouest ou à l’Est de la Vistule, le grand fleuve qui partage la capitale en moitié, du sud au nord. Côté Ouest, c’est la ville entièrement reconstruite après la seconde guerre mondiale avec ses buildings de verre, sa voie royale d’antan et ses cafés littéraires. Au milieu d’étudiants férus de discussions philosophiques, le nouvel urbain varsovien y cultive une dégaine de consommateur ostentatoire vaguement snob. Ici, on est intello avec « tout dans le look, coco » ! Très fashion victime et résolument à vélo. Mais on aime aussi penser à gauche et pratiquer la démocratie ouverte avec la revue « krytyka polityczna » (la critique politique), 9 ans d’âge et une sacrée audace au regard de l’histoire contemporaine. A une encablure du café « Nowy wspanialy swiat » géré par la revue, le paraître confine au sublime. Rue Mazowiecka, paradis des clubs paillettes et tendance, les nouveaux riches « bling blinguent » à volonté en faisant ronfler leur porche. Plus de 20 années après la fin des restrictions, le « people » a succédé à la nomenklatura. A l’Est de la vistule, au contraire, la décontraction et le naturel se sont imposés voire posés en douceur. C’est le nouveau quartier des artistes. Nom : « Praga », petit village devenu grand au cours des siècles et abriteur d’usines, d’ouvriers et de deshérités au gré des différentes vagues industrielles. En 1944, le quartier a échappé à la dernière destruction nazie car les troupes soviétiques y stationnaient en regardant brûler la ville sur l’autre rive de la Vistule. Un sale coup de Staline ! Depuis quelques années, les clubs indépendants y ont investi vieilles bâtisses et usines vides. Les lieux ont une âme. Certains adeptes du berlin alternatif y retrouvent un air de famille, briques rouges et cours abandonnées. Les jeunes polonais y vont à la recherche du temps jamais perdu car jamais connu. En effet, comment imaginer les magasins vides et le passeport gardé par la milice quand on a vingt ans aujourd’hui en Pologne ? En empruntant le nom de vieux objets pour baptiser les nouveaux clubs. Ainsi, l’un des plus fréquentés d’entre eux s’appelle « Saturator », le mythique distributeur d’eau gazeuse de la PRL (la République Populaire Polonaise). Un autre club installé dans une sorte de grand moulin, invite à l’ailleurs, en se nommant « le rêve de l’abeille ». Finalement, personne n’échappe à ses racines, quelque soit la partie de l’Europe ou du monde d’où il vient. A Varsovie en 2011, c’est à Praga qu’elles se recomposent au son des musiques nocturnes.

Rencontres avec des acteurs de la vie culturelle varsovienne.

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